Je ne me sens plus épanouie lorsque tu es là, tout devient alors lourd, lourd et pesant, tu écrases chacun de mes petits bonheurs simples jusqu'à l'asphyxie. Ce n'est pas de toi dont j'ai envie, mais ma peau voudrait frémir à nouveau, goûter au plaisir simple de s'endormir comme emballée dans un corps chaud, sentir le plaisir monter petit à petit sans honte d'être sur le point de le laisser exploser vraiment. Je voudrais embrasser la nuque, le dos et puis les épaules, laisser ma bouche se promener sur le ventre, sentir mon souffle frôler chacune des parcelles inventées pour être dévorées.
Admirer avec mes cils chaque nouveau frisson comme on file prendre l'air piqué par la curiosité et l'exaltation, un premier jour de printemps. Je n'ai de bouche que pour embrasser, j'avais oublié depuis toi combien ma peau réclame le désir, celui auquel on ne sait succomber, celui qui peut tout saccager. Lorsque mes yeux font mirroir aux tiens, je me déshabillerais de la chaleur qui t'attires, je n'en veux plus, ceux sont sous d'autres mains que les tiennes que mon corps exige de tressaillir. J'ai trop connu tes rugosités déjà, ta douceur mêlée à la rudesse de ta transe, tes caresses puis ta brutalité surprenante. Il faut que l'on m'aime différemment maintenant, ranime mes bonheurs étouffés et laisse-les combler d'autres courbes inexplorées, c'est en attentive clandestine que je veux m'exhiler.
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